Jacques

Jacques D., chercheur à l’Université, a étudié un nouveau procédé de mesure, dans le domaine médical, suite à une recherche développée au sein du laboratoire dont il dépend. De ses contacts avec le corps médical, il retire la conviction qu’un appareil opérationnel rendrait des services appréciés. Dès lors, Jacques D. n’a de cesse de mettre un équipement au point. Tous ses temps libres y passent. Un ami mécanicien lui construit quelques pièces qu’il assemble, ajuste avec des composants électroniques et électriques dans le garage de son beau-père, transformé en petit atelier.

Après un an de travail acharné, un premier prototype fonctionne. Les résultats obtenus sont, de l’avis de deux médecins de l’hôpital universitaire, très encourageants. Un progrès technique est en vue. Mais le prototype n’est pas très beau et il y a encore quelques problèmes car il se dérègle facilement lorsqu’on le transporte. Progressivement, Jacques D. s’est fait à l’idée que l’appareil est vendable. D’ailleurs, le Professeur responsable du laboratoire en a parlé à l’occasion d’un ou deux congrès et quelques médecins ont envoyé un courrier pour en savoir plus. Une aventure d’entrepreneur-inventeur peut commencer.

Philippe et Jacqueline

Philippe V. et Jacqueline F. sont ingénieurs industriels, cadres au service de l’informatique d’une grande entreprise. L’un, Philippe, s’est spécialisé depuis quatre ans en conception des systèmes, tandis que Jacqueline dirige depuis six ans une équipe de programmation. Ils ont déjà collaboré ensemble à des projets importants, notamment en matière de lignes automatisées. Ils sont frappés par le coût facturé, aux autres départements de l’entreprise, des projets auxquels ils participent.

Philippe a dit plusieurs fois à Jacqueline,  » pour ce prix là, je serais prêt à étudier le dossier, commander les équipements, faire réaliser les programmes par un sous-traitant et diriger la mise en place dans l’atelier à automatiser. Il me resterait un beau bénéfice « . Jacqueline abonde et confirme que si elle constituait elle-même une équipe de programmation, elle utiliserait un nouveau langage qu’elle étudie depuis plus d’un an mais dont son chef de service ne veut pas entendre parler. D’après elle, là aussi il y aurait beaucoup à gagner.

Philippe et Jacqueline ont un ami commun, René V. qui est directeur technique dans une  » grosse PME  » de l’agro-alimentaire. Cette société a un projet important : investir dans une nouvelle ligne de fabrication qui doit permettre le doublement du chiffre d’affaire.

En regard des fonds propres de cette PME, l’investissement est très important. René a un double objectif : payer le bureau d’études le moins cher possible mais ne faire aucune concession sur la qualité du travail qui doit être réalisé par de vrais professionnels. René est prêt à passer la commande de toutes les études et réalisations à Philippe et Jacqueline si ceux-ci constituent une entité juridique, à condition que leur devis soit inférieur ou égal au moins-disant des bureaux existants qui ont été consultés.

Philippe et Jacqueline décident de s’associer – ce sont deux entrepreneurs artisans – pour se lancer dans une aventure nouvelle pour eux.

Jean-Marie

Jean-Marie R. a maintenant 37 ans. Il a eu une formation de technicien en électronique. Après quelques années dans le bureau d’étude d’une grande entreprise de construction électrique, il est passé au département entretien et maintenance. Il commence alors à avoir des contacts avec des clients et il s’aperçoit qu’il est doué non seulement pour dépanner les équipements réalisés par la société mais aussi pour vendre. Il décide alors de s’orienter plus nettement dans la vente et il est engagé par la filiale d’une société américaine qui commercialise des capteurs de mesures sur toute l’Europe.

Doué pour les langues, travailleur acharné, Jean-Marie R. maîtrise rapidement l’anglais et l’allemand. Il ne perd aucune occasion d’apprendre et il participe activement à des séminaires de vente ; il se perfectionne en outre en administration et en gestion financière. Il parcourt alors l’Europe où les ventes se développent bien et il fait de fréquents séjours aux Etats-Unis. Il a la confiance du Vice-Président John M.D., responsable de toutes les activités non américaines, qui lui permet de franchir rapidement les échelons : Salesman, Deputy Sales Manager, Sales Manager for North Europe, European Sales Manager, General Manager. Jean-Marie R. a de plus en plus d’autonomie et ses revenus se sont considérablement accrus au cours des dernières années, ce qui lui a permis d’acquérir une villa dans la grande banlieue de Bruxelles.

Il y a deux ans environ, la société mère américaine, elle-même filiale d’une entreprise qui travaille pour le Pentagone, a été rachetée suite à une OPA. Les dirigeants du nouveau groupe décident de rationaliser et d’utiliser le quartier général d’une autre filiale européenne, spécialisée en électronique, pour coordonner et centraliser toutes les affaires européennes.

Jean-Marie R. comprend très vite que sa position au sein du nouveau groupe est fragile et dès son premier contact avec les nouveaux dirigeants US, il négocie son départ. Un projet germait dans sa tête depuis un an : diriger sa propre société. Sans perdre de temps, ce qui est sa nature, il investit une partie de son indemnité de préavis dans le rachat d’un brevet dont il a eu connaissance dans son dernier emploi et qui permet par un nouveau système électronique d’améliorer la sécurité des biens et des personnes. Il ne lui a pas fallu longtemps pour découvrir que le marché de la sécurité est en expansion. Il réalise alors avec un organisme spécialisé un  » plan d’affaire  » qui l’aide à convaincre deux partenaires financiers d’investir dans  » son  » affaire.

De son côté, il apporte le solde de son préavis et il prend une hypothèque sur sa maison. Un moment tenté d’associer son épouse, il y a renoncé, préférant attendre que le succès soit au rendez-vous. Il sait que les temps seront durs pendant un à deux ans et les appointements réguliers de son épouse seront son assurance que les enfants ne pâtiront pas de ses choix. Il démarre sa société dans un centre d’affaire avec quatre personnes qui sont, un an après, devenues douze. il commence à exporter, ce qui multiplie ses contacts, et il est ainsi amené à envisager le rachat d’une activité complémentaire de la sienne qui existe en Angleterre depuis sept ans mais qui n’est pas armée pour exporter sur le continent.

Jean-Marie R., entrepreneur-manager, rend efficace toute organisation qu’il crée ou qu’il prend en main. Demain, il dirigera un petit groupe avec plusieurs filiales spécialisées, une organisation de vente… en attendant de continuer à grandir, car la croissance, c’est son credo.

 

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