Démarrer une entreprise, démarrer une activité nouvelle est une aventure pour celui qui entreprend une telle démarche pour la première fois.

C’est un peu comme faire un voyage dans un pays lointain et peu connu. Avec ou sans agence de voyage ? En connaissant ou pas la langue du pays ? En ayant l’habitude de voyager inconfortablement ?

Si vous avez peu d’informations avant votre départ, vos problèmes risquent d’être nombreux, variés, et parfois sans solution.

Mais en quoi consistent donc les principaux problèmes de démarrage d’une entreprise nouvelle ? Ils sont de diverses natures :

  • administratifs,
  • financiers,
  • relatifs au produit,
  • relatifs au marché,
  • liés à la personne de l’entrepreneur.

PROBLÈMES ADMINISTRATIFS

Ce sont les plus simples à résoudre.
Il ne faut pas confondre une tâche peu agréable – remplir des papiers, aller de guichet en guichet – avec une tâche difficile, complexe.

Il y aura quasiment toujours, en matière de tâches administratives, quelqu’un qui pourra vous renseigner, vous remettre  » dans la procédure  » et, à cet égard vous trouverez beaucoup d’informations sur le présent Portail Création PME.

Sauf négligence grave de votre part, ce n’est pas à cause d’une difficulté administrative que votre projet capotera. Nous ne connaissons aucun entrepreneur motivé qui ait été arrêté dans son élan par des problèmes  » administratifs  » relatifs au démarrage de la nouvelle activité. Bien entendu nous nous réjouissons que certains se penchent sur la simplification des procédures, car cela permettra de gagner du temps, d’économiser de l’énergie mais très rarement d’ajouter un gagnant de plus sur la liste des nouveaux entrepreneurs.

Enfin, n’oubliez pas que des organismes se sont spécialisés pour, dans certains domaines, vous aider à résoudre vos problèmes administratifs.

PROBLÈMES FINANCIERS

L’entrepreneur est dans le monde économique et le profit est la mesure du succès ou de l’insuccès de l’entreprise. L’entrepreneur doit le savoir. Son obsession : équilibrer les comptes.

Démarrer avec des moyens que l’entrepreneur estime suffisants au regard de son plan d’affaire, c’est élémentaire, mais les statistiques montrent que huit fois sur dix la situation sera délicate. Une bonne façon de courir à l’échec est de fermer les yeux sur la situation financière … et d’attendre !

L’entrepreneur doit savoir ce qu’une entreprise dépense et ce qu’elle engrange. Et il doit le savoir en permanence.
Cela ne veut pas dire qu’il doit commencer par embaucher un comptable, mais cela signifie qu’il doit avoir une comptabilité régulière et claire de sa situation.

C’est là aussi que se situe l’intérêt d’un Conseil d’administration  » professionnel  » se réunissant très régulièrement pour faire le point sur vos dépenses, vos recettes et votre résultat.

Dans la situation la plus courante d’une entreprise qui démarre, les dépenses excèdent quelque peu les prévisions … et les recettes sont nettement inférieures à ces prévisions. L’erreur faite porte le plus souvent sur le temps nécessaire pour obtenir un volume donné de commandes : il est quasi toujours sous-évalué. D’où des pertes d’exploitation plus importantes et pendant une période plus longue que prévue. Attention au séjour trop long dans la « death valley « .

Quand vous sentirez que la situation se tend, vous regarderez attentivement vos indicateurs – en espérant qu’ils vous donnent des indications fiables -, vous freinerez les dépenses et vous tenterez d’accroître les recettes.
Si vous gardez confiance en votre entreprise, en sa capacité à terme à générer plus de recettes que de dépenses, vous n’attendrez pas d’être au bord de la cessation de paiement pour trouver des concours financiers complémentaires.

La seule façon de poursuivre l’activité est de pouvoir disposer en temps utile du crédit nécessaire. Faites les démarches nécessaires avant qu’il ne soit trop tard. Cherchez, expliquez, convainquez, mais ne venez pas trouver ceux qui peuvent vous aider avec un  » problème  » qui n’a déjà plus de solution.

PROBLÈMES DE PRODUIT

Votre entreprise propose un produit : c’est un bien matériel élaboré après un processus de production plus ou moins complexe ou c’est un service incorporant plus ou moins de matière grise.

Que de jeunes entreprises ont échoué parce que le produit n’était pas au point, n’atteignait pas les performances annoncées, avait trop de pannes, trop de ratés, ou parfois n’était simplement pas utilisable par des clients.
Si à la difficulté de convaincre un acheteur de changer de fournisseur vous ajoutez celle d’un produit qui ne donne pas satisfaction … il ne faudra pas vous étonner de l’échec de l’activité que vous lancez.

La solution ? De la patience, de la rigueur. Faites quelques tests sur un nombre limité de clients. Discutez avec eux. Avez-vous fait une analyse de la valeur de votre produit … Non ? C’est une technique qui a plus de 40 ans. Il est tout à fait essentiel que vous mettiez à disposition des utilisateurs un produit qui correspond parfaitement aux performances que vous annoncez.

Et retenez ceci : il est plus facile de trouver une solution au problème de financement d’un produit en cours de conception et de mise au point que de trouver les moyens de sauver une entreprise qui rate son démarrage par défaut de mise au point de son produit. C’est tout simplement beaucoup moins cher.

PROBLÈMES DE MARCHÉ

Rappelez-vous que dans un monde de plus en plus complexe, les besoins sont diversifiés. Un grand marché ne peut être visé que par une grande entreprise en mesure d’assurer des productions de masse. Une petite entreprise vise une niche même si, géographiquement, cette niche peut être internationale.

Identifier son segment de marché, c’est le fond du problème. Bien mesurer l’importance de ce segment et bien évaluer le taux de pénétration possible, dans le temps, voilà des aspects très importants de la phase de démarrage de l’activité nouvelle.

Il est nécessaire de se garder des analyses trop globales qui tendent à démontrer que le marché visé est une si faible partie du marché existant que le nouvel arrivant sur ce marché le conquerra donc sans peine. Sauf à être très innovant et d’un prix très raisonnable, il ne pourra généralement pas y avoir croissance vertigineuse du taux de pénétration. Ne prenez pas la concurrence pour négligeable car même si vos produits sont formidables, il ne faut pas oublier le tissu de relations, de toutes natures, que vos concurrents ont développé pendant des années et que vous venez troubler.

Alors prudence sur les taux de pénétration. Prudence sur le temps requis entre le contact et le bon de commande ou la décision d’achat. L’acheteur est souvent plus hésitant qu’il ne le dit, il n’est pas toujours seul décideur et, par dessus tout, il n’aime pas les risques multiples (produit innovant présenté par une nouvelle entreprise).

Une autre source de dérive des coûts, et donc des résultats, est l’attrait des marchés étrangers. L’expansion internationale va-t-elle permettre une mise en orbite définitive de la nouvelle entreprise ? Si votre entreprise est installée à Liège, cela vous coûte plus cher de vendre vos produits à Paris qu’à Bruxelles. Si votre taux de pénétration est très modeste en Région wallonne, on ne voit pas, a priori, pourquoi il serait meilleur dans un pays étranger ? Si dès lors il est trop modeste dans votre région  » naturelle  » de vente, c’est qu’il y a quelque chose à changer. Votre niche n’est pas bien définie, votre prix n’est pas adapté, votre approche du marché n’est pas satisfaisante, votre produit a des défauts ; mais cela n’ira pas mieux ailleurs, si rien ne change.

Exporter coûte en temps, en moyens humains et financiers. Ou bien le produit ne se satisfait que d’un marché international – par exemple si vous fabriquez des cyclotrons – et votre plan d’affaire a dû intégrer cette notion, ou bien il y a un marché régional et/ou national à votre entreprise et il faut d’abord réussir dans ce marché. Elargir ses marchés, oui bien sûr, le plus vite possible mais croire qu’un marché étranger va réagir plus vite que celui que vous connaissez le mieux …

Le simple bon sens vous commande d’avoir un succès raisonnable dans votre région, dans votre pays, avant de lancer des actions structurées vers l’étranger. Et si vous remplissez ces conditions de succès raisonnable dans votre marché naturel, sachez réfléchir pour choisir judicieusement vos prochains terrains d’action (marchés demandeurs, coûts d’accès, opportunités, …).

PROBLÈMES LIÉS À LA PERSONNE DE L’ENTREPRENEUR

Etre entrepreneur, c’est être motivé, lucide et préparé.
Être en bonne forme physique est aussi une nécessité car, sans cet indispensable atout, comment pouvoir s’engager dans un effort de mobilisation permanente, intellectuelle et nerveuse ?

Être entrepreneur, c’est avoir un énorme tas de choses à faire en ne disposant que de sept jours par semaine. D’où la nécessité d’une gestion équilibrée de son temps. Comment choisir les priorités ? Combien de temps consacrer à chacune d’elles ? Comment déléguer une partie de ces tâches à des collaborateurs ou à des intervenants extérieurs?

Voilà quelques questions qu’une participation à un séminaire sur la gestion de son temps éclairera peut-être.

Si vous montez dans un gros avion commercial, vous êtes perplexe devant la complexité du tableau de bord. Si c’est un petit avion que vous pilotez, le tableau de bord sera beaucoup plus simple … mais plus complet que celui de votre voiture parce que l’avion se déplace dans un espace à trois dimensions et parce que l’état du moteur a pour le pilote d’avion une importance vitale. Si vous êtes entrepreneur, vous avez besoin d’un tableau de bord ; faites l’effort de le définir avant de lancer votre entreprise et surtout, tenez-le très régulièrement à jour.

Si la gestion n’est pas votre fort, pensez-y avant de vous lancer et sachez choisir un programme de formation qui vous fasse rapidement progresser. Profitez de la période de préparation de votre projet pour identifier quelques personnes qui vous semblent dignes de confiance. Confiez-vous régulièrement à elles et sollicitez leur avis … un peu comme le médecin que vous allez consulter une fois par an pendant dix ans, sans être malade, pour que, le jour du pépin, son diagnostic et son traitement vous soient parfaitement adaptés.

Pensez aussi à votre environnement immédiat : conjoint(e), compagne, compagnon, enfant(s). Vous aurez besoin de leur compréhension ou tout simplement de leur coup de main. Associez-les à vos succès et à vos difficultés. Évitez d’être seul devant tous les problèmes et toutes les situations. Mais fuyez, dans votre métier d’entrepreneur, les conseils d’amateurs. Si vous ressentez le besoin de parrains, choisissez-les pour leur passé fait d’expériences et de succès, pas pour la seule sympathie personnelle qu’ils vous inspirent. Faites-vous montrer le chemin par ceux qui savent, par ceux qui en ont fait un bout, pas par ceux qui ne regardent que les reportages à la télévision.

Tachez de choisir, à la table de votre Conseil ou comme consultants, des hommes ou des femmes qui sont à la fois des réalisateurs et des personnes capables d’une réflexion stratégique, d’une vision claire de l’avenir possible. Ce seront les personnalités qui vous apporteront le plus.

Et n’oubliez pas un des secrets de la réussite : le choix du bon niveau de réaction à un événement, ce qui suppose inévitablement la meilleure compréhension possible de l’événement et de son contexte.

Ne confondez pas constance et fermeté avec obstination. Pour quelques exemples d’obstinés qui ont finalement rencontré le succès, combien d’autres sont allés à l’échec pour ne pas avoir voulu regarder les réalités en face, pour ne pas avoir voulu aligner sur une feuille de papier des faits et des chiffres.

 

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