Tout créateur d’entreprise doit avoir en permanence en tête cinq maîtres mots qui sont :

  • motivation
  • information
  • formation
  • guidance
  • marché

Ils méritent chacun un commentaire.

LA MOTIVATION

Il ne faut pas confondre motivation et rêve. On ne peut longuement rêver d’être capitaine d’industrie. Si on ne fait rien pour cela, le rêve ne deviendra jamais une réalité.

Etre motivé, c’est puiser en soi l’énergie nécessaire pour entreprendre un ensemble d’actions indispensables pour transformer un rêve, une envie, en une réalité.

Entreprendre, créer une activité nouvelle, passer de l’idée au projet puis du projet au lancement effectif d’une entreprise, c’est souvent parcourir un long chemin. C’est, à chaque problème nouveau, trouver l’énergie pour l’affronter et lui apporter une solution.

Bien entendu, l’occasion d’entreprendre peut s’être présentée sans l’avoir cherchée, parce que les circonstances s’y sont prêtées. Tant mieux. Il n’empêche, pour la suite, vous aurez besoin de toute votre motivation. Pas la motivation d’un instant, mais une motivation de tous les instants car le nombre et la nouveauté de la plupart des tâches à réaliser laisseront vite peu de place à autre chose. N’oubliez pas de faire partager votre motivation par ceux, amis, membres de votre famille, qui vous entourent ; cela rendra vos rapports avec eux plus clairs.

A vous de savoir si votre motivation est suffisante : la réponse est en vous-même. Il n’y a pas de cours, de formation pour  » devenir motivé « , mais certaines approches, certaines techniques psychologiques vous permettront de mieux comprendre pourquoi et par quoi votre motivation se développe. De là à pouvoir augmenter votre motivation, il n’y a peut-être plus qu’un pas.

L’INFORMATION

Alors que nous sommes dans un monde d’information permanente, s’informer  » correctement  » est un des problèmes les plus mal résolus par les entrepreneurs, même chevronnés et l’Internet ne simplifie pas toujours cette tâche.
Détecter, trier, classer, agréger… facile à dire. Mais l’expérience montre que les entrepreneurs  » bien  » informés sont rarissimes.

Que de produits présentés comme originaux et dont les performances sont inférieures à des produits déjà sur le marché. Que de concurrents ignorés alors que leur nom s’étale dans les  » pages d’or « . Que d’estimations de marché complètement fausses ou biaisées. Que d’estimations de coûts totalement irréalistes. Que de projections de ventes défiant le bon sens, surtout au démarrage, …

Les sources d’informations sont nombreuses et se multiplient. Journaux, revues spécialisées, organismes professionnels, enquêtes, études, Internet, consultations d’experts, etc.

Faites très attention ! Des sources différentes reproduisent la même information trouvée par chacune d’elles dans un seul et même document d’origine. Cela veut dire que des informations inexactes ou devenues fausses ont la vie très tenace.

Dans ce vaste problème de l’information, on est donc confronté à diverses difficultés : la recherche des sources de données, la sélection des sources, l’analyse de la qualité de l’information, le traitement des données et leur interprétation.

Pratiquement, on ne trouve qu’exceptionnellement une réponse toute faite en provenance d’une source fiable. La plupart du temps, on va disposer d’informations fragmentées et éparses qui vont constituer les pièces d’un puzzle – on peut aussi faire l’analogie avec les mots croisés. Hypothèses nouvelles, recoupements, consultations d’experts et de spécialistes, données résultant de visites de foires spécialisées vont progressivement nourrir votre stock d’informations.

S’il s’agit par exemple de faire une étude de marché, devront s’y ajouter des enquêtes sur le terrain.

Quand le volume de données sera tel qu’un traitement est possible pour caractériser une situation, un marché, il vous restera une dernière difficulté à vaincre : celle d’être objectif, de ne pas biaiser en ne retenant que les informations favorables aux thèses que vous défendez… Ne trompez pas les autres en vous trompant vous-même.

Si vous vous informez régulièrement et sérieusement, vous disposez d’un atout considérable car trop peu, parmi ceux qui vous entourent, savent le faire correctement.

LA FORMATION

C’est aussi une préoccupation permanente que le futur entrepreneur et le jeune entrepreneur doivent avoir. Ceux qui, en matière de gestion d’entreprise, arrêteraient d’acquérir des savoirs nouveaux ou d’approfondir des notions qui ne sont pas bien assimilées courraient de grands dangers. Perdre pied, ne pas comprendre… et donc être dépassés par les événements.

LA GUIDANCE

Vous pouvez agir seul dans votre coin pour franchir les différentes étapes de la création d’entreprise. Ce n’est pas du tout le conseil que nous souhaitons vous donner.

En Belgique, en Région wallonne, comme ailleurs en Europe, il existe de nombreux dispositifs d’aides aux créateurs de nature diverse : services, conseils, financement… Nous ne pouvons que vous inciter à les utiliser en vous faisant conseiller, guider, sur la meilleure manière de les utiliser.

Certains vous diront que ces dispositifs sont trop nombreux ! Certes, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Mais pensez à ceci : les besoins de chacun face à des projets très différents, commerce, artisanat, profession libérale, entreprise à caractère social, société de service à l’industrie ou à d’autres types de sociétés, entreprise industrielle, … sont souvent très différents.

De là à ce que des structures différentes s’efforcent de vous apporter de l’aide, il n’y a qu’un pas. C’est une loi du marché : si une demande est très diversifiée, si les besoins d’une clientèle sont multiples, alors l’offre sera multiforme. Mais bien entendu, ceci n’est pas une raison pour que des regroupements, des collaborations entre entités différentes d’aide ou de services ne soient par recherchés ou favorisés.

Nous consacrons dans le chapitre  » Quelques conseils  » une rubrique « Avantages d’un accompagnement professionnel » que nous vous invitons à consulter.
Avantages d’un accompagnement professionnel

LE MARCHÉ

La connaissance de votre marché doit être votre obsession. Qui va acheter votre produit, votre service ? Pourquoi ? Comment apprécier l’importance de votre marché ? Son évolution à court et moyen terme ?
Le marché ne se réduit pas à des statistiques. Le marché, ce sont des acheteurs qui choisissent, qui décident. Pourquoi, avec quels arguments ?

Estimer le marché d’un produit nouveau, mesurer le marché potentiel sont des exercices très difficiles.
Certains entrepreneurs disent :  » Il faudrait faire une étude de marché. Pouvez-vous la faire pour moi ou trouver une aide financière pour la confier à un expert ? « .

Pas facile de trouver un  » expert  » ayant l’expérience d’un produit (bien ou service) innovant… sauf s’il s’agit d’un concurrent.

Une étude de marché confiée à des tiers peut être indispensable.

Cependant, observons d’abord que huit à neuf créations sur dix sont relatives, lors du démarrage, à un marché local, régional. (Tous les experts sérieux sont d’accord pour reconnaître qu’avant d’exporter, il faut d’abord, et sauf exception, maîtriser le marché régional, national.)

C’est pourquoi, le marché, mot obsessionnel, c’est le créateur lui-même qui doit, en priorité, faire l’effort de le connaître. C’est le créateur qui doit discuter avec des futurs acheteurs et, pourquoi pas, avec des concurrents. L’étude de marché, c’est donc au créateur de la faire ou d’y participer très activement, et c’est là encore que des conseillers avisés peuvent faire gagner beaucoup de temps. (Par exemple en permettant au créateur d’être aidé par un spécialiste pour concevoir les grilles d’interviews, en trouvant des étudiants pour faire certaines enquêtes anonymes, etc.).

C’est une démarche incontournable et le créateur se félicitera de la mine d’informations qui sera la sienne lorsqu’il se sera investi dans la connaissance de son marché.

 

Voir aussi :